Exploitation minière par Vale NC au plateau de Goro

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Vale construction usine

Vale Nouvelle-Calédonie

Observations d’Action Biosphère – Codefsud dans le cadre de l’enquête publique

Alors que l’exploitation minière occupe, depuis plusieurs générations,  une place prépondérante dans le paysage néocalédonien, elle a souvent échappé «  à l’œil du public »,  pour reprendre l’expression d’un article paru récemment dans Les Nouvelles Calédoniennes.


L’enquête publique, une « simple formalité administrative » ?


En 2008, seules l’usine et l’aire de stockage avaient fait l’objet d’une étude d’impact avec enquête publique au titre d’ICPE (Installations Classées Pour l’Environnement). Jusqu’à une époque récente, et l’adoption du code minier de 2009, la réglementation minière n’imposait pas, cette procédure  pour l’exploitation minière.  L’ouverture d’une enquête publique pour l’exploitation minière du Plateau de Goro par Valé  constitue donc en soi,  une avancée juridique qu’il convient de saluer.  
Encore faudrait-il,  que l’enquête publique ne soit pas considérée, par les opérateurs miniers, les autorités compétentes, les médias qui les relaient et même la société civile,  comme une simple « formalité administrative » (LNC),  mais comme un véritable espace d’informations,  d’échanges et de débats contradictoires, où chacun peut exercer sa citoyenneté en donnant son avis. Un espace qu’il convient toutefois de ne pas confondre avec une opération de communication (lire publicité).   Elle pourrait alors éclairer utilement les autorités au moment de leurs décisions.  
Pour que l’enquête publique joue effectivement ce rôle, il conviendrait aussi, qu’elle soit réalisée en amont des projets,  bien avant le début des travaux, ce qui n’a pas été le cas de l’enquête publique de 2008,  réalisée  une fois la construction de l’usine achevée, ni même de l’enquête publique actuelle qui porte sur des travaux engagés depuis 2012….pour régulariser une situation de fait.  L’enquête publique préalable, permet de lever des incompréhensions, de prévenir ou d’atténuer des tensions, qui s’expriment plus tard, parfois de façon  violente….  Il reste encore du chemin à parcourir, avant qu’une authentique consultation avec participation éclairée du public, en amont des projets miniers,  ne s’inscrive définitivement dans la culture du Pays.


Des facteurs environnementaux qui ne plaident pas en faveur du complexe industriel


Dans la présentation du projet, l’étude d’impact a le mérite de rappeler quelques traits qui caractérisent le Grand sud, au cœur duquel  se trouve implanté le complexe industriel :

Des conditions géographiques et climatiques très particulières

« Situé à l’extrémité sud de la Nouvelle-Calédonie, la zone forme un ensemble organisé en une succession de plateaux et de bassins…Il s’agit de la zone la plus arrosée de Nouvelle-Calédonie…Le chevelu de rivières et de creeks y est bien développé…Les rivières y drainent les nappes d’eau souterraines…Les dépressions constituent un ensemble de lacs et de zones humides dont le plus remarquable est le bassin de la plaine des lacs….cette géomorphologie originale est spécifique au massif du sud… » On y trouve « de fortes précipitations entre 3 et 4 m par an et une grande variabilité interannuelle… »
La zone  se trouve au niveau du Canal de la Havannah. Elle est bordée par une bande  littorale qui donne sur le lagon… La courantologie y est complexe en raison de différents facteurs liés aux marées, aux vents à la présence de baies et de récifs, de passes ou de fosses de 40m de profondeur, d’îlots….  La proximité de nombreuses réserves naturelles ou zones classées :

  • La réserve naturelle du Pic du Grand Kaori
  • La réserve naturelle de Forêt Nord
  • La réserve du Cap N’Dua
  • La réserve marine intégrale Merlet à 7 km de la Côte
  • Le lagon et une partie de la Baie de Prony classés UNESCO ( l’aiguille de Prony)
  • La zone humide de la Plaine des Lacs classée RAMSAR

Une biodiversité exceptionnelle :


L’étude met  en avant  le caractère exceptionnel de l’environnement naturel et de la biodiversité de la région, ce qui constitue un argument incontestable,  pour y installer  un complexe hôtelier de classe mondiale, mais qui  à contrario, ne plaide pas en faveur d’un projet d’extraction minière et d’une usine chimique de lixiviation acide, de la taille de celle de Valé. Ces considérations  ont d’ailleurs  conduits, dès 1998, une partie non négligeable des populations riveraines et d’associations à exprimer leur opposition à ce projet.  


Un volet  historique orienté


Pour ceux qui n’ont pas suivi l’implantation de l’usine du Sud, depuis son origine, le volet historique apporte un éclairage précieux. Sauf que, tel qu’il est présenté, il est très incomplet. Il suffit pour s’en convaincre de le mettre en parallèle avec un tableau chronologique réalisé par Rheebu Nuu.
Si l’on s’en tient à la version de l’industriel, on pourrait croire que les seuls obstacles au projet ont été d’ordre technique ou économique, que le projet est passé comme une lettre à la poste et s’est réalisé sans opposition ni résistance. Ce qui ne correspond pas à la réalité, puisque le projet a fait l’objet de la part des opposants à des recours  en justice, la destruction d’engins pour plusieurs centaines de millions, des tensions,  au carrefour de la Madeleine, qui  se sont traduites par des coups de fusil, jusqu’à la signature du Pacte de Développement Durable. Ignorer  cet aspect, c’est aussi ignorer une partie de la société civile qui ne se retrouve pas dans ce projet.
Le volet historique occulte également les nombreux « incidents » qui ont émaillé le fonctionnement de l’usine, des zones d’ombre qui ne permettent pas au lecteur de se faire une idée « objective » de la situation.  C’est maquiller la réalité et donner de l’histoire une version tronquée et orientée. Cette (im)posture partisane, que l’on peut comprendre de la part de l’industriel, le dessert car elle induit le doute sur la rigueur scientifique de l’étude et au-delà,  de son projet.  


Un projet dont les impacts dépassent très largement les limites d’exploitation.


Toujours selon l’étude, l’emprise au sol des installations représente la principale source d’impact direct. La superficie totale de l’empreinte sera de 1499 hectares en 2036 et ne représente que 2,5% de la superficie du Grand Sud évaluée à 60 000 hectares. A noter toutefois que l’emprise totale porte sur 3897,08 ha soit l’équivalent en surface  de celle du lac de barrage de Yaté, et que les 8 concessions accordées à Valé NC s’élèvent à 6437 ha. En fait,  il est assez difficile de se faire une idée précise de l’emprise, car selon les «  livrets », les chiffres varient…
Un certain nombre « d’incidents » survenus depuis le démarrage de l’usine montrent que des zones périphériques, bien au-delà du périmètre d’exploitation sont touchées par des impacts liés au fonctionnement de l’usine, par exemple :


 Le dépérissement des chênes gomme du Creek de la Baie nord

Selon un rapport d’expertise de l’IAC datant de 2014, le service de l’environnement de Valé NC a observé en 2010, dans une zone de 55 ha, le dépérissement d’un grand nombre de chênes gomme. En octobre 2011, une expertise de l’OMS a clairement établi le lien entre ce phénomène et la diffusion dans l’atmosphère de SO2 venant de l’aire de stockage et de fusion du soufre de l’usine. Dans cette zone, 170 espèces de flore ont été identifiées dont 89% endémiques ; 7 ont un statut particulier UICN et 3 sont protégées par la réglementation de la Province Sud. On y a dénombré aussi 189 chênes gomme > 15 cm DBH dont la mort a été attribuée au soufre. On y a observé  de nombreux individus malades nécrosés ou chlorosés, un dépérissement d’autres espèces et d’importantes perturbations des écosystèmes consécutifs à la mort de ces chênes gomme. L’expertise suggère  que le réseau d’observation (et de suivi) nécessiterait d’être étendu à de nouvelles parcelles plus éloignées…Cette recommandation a-t-elle été suivie ?


Les fuites acides de 2009 et 2014


Le 1er avril 2009, une première fuite d’effluent acide avait gravement pollué le creek de la Baie Nord tuant de très nombreux poissons, et détériorant fortement le milieu. Le 7 mai 2014, un nouveau déversement d’effluent industriel dans le même creek a causé la mort de 1359 poissons appartenant à 16 espèces différentes, dont 5 protégées et 2  ( P attiti et S sarasini) sur la liste rouge UICN, et de 227 crevettes collectées le 8 mai 2014. (Rapport Biotop). 

 
Un risque inacceptable : l’assèchement de la Plaine des Lacs


Les exemples ci-dessus montrent que,  malgré  les précautions prises, des risques d’impact ne peuvent être intégralement contrôlés et peuvent avoir des conséquences irréversibles sur l’environnement proche mais aussi plus lointain.
C’est l’extension des fosses minières jusqu’en 2036 qui aura probablement l’impact visuel le plus significatif avec le décapage du couvert végétal, la disparition de 3 lacs,  et le creusement des fosses jusqu’à 80 mètres de profondeur, si on y trouve de la garniérite,  dans une région à l’hydrogéologie particulièrement complexe.
Un certain nombre d’informations relatives à la gestion des eaux  sont de nature à susciter quelques inquiétudes sur les conséquences potentielles du creusement des fosses minières.  Par exemple le fait que « le plancher d’exploitation va atteindre des niveaux pour lesquels, en plus des eaux superficielles, des eaux souterraines seront à prendre en compte dans la gestion des eaux de ruissellement », ou que la position de la limite de partage de eaux souterraines entre les 3 entités : la Plaine des Lacs, Kwé Biny et Kwé nord n’est pour le moment pas connue. Elles laissent même entendre qu’il existe une probable connexion entre les réseaux d’eau souterrains, et donc qu’on ne peut pas exclure que le creusement des fosses minières n’affectent la Plaine des Lacs et ne contribuent à l’assèchement de cette zone humide classée RAMSAR.
Dans cette hypothèse, c’est la totalité de la faune et de la flore exceptionnelles de cette région qui serait mise en péril. Nous estimons qu’il est irresponsable de prendre ce risque, qu’aucune mesure ne saurait compenser et que la valeur de ce patrimoine dépasse très largement les retombées économiques que l’extension de la mine est censée générer pour le Pays. Nous demandons donc que soit appliqué le  principe de précaution inscrit dans la Constitution.  


Des mesures de conservation qui ne sont pas à la hauteur des enjeux

Il ressort de l’étude d’impact que la zone d’influence du projet comporte de très nombreuses espèces de faunes et de flores endémiques rares et menacées. Par exemple, pour la flore, en 2015, 65 espèces rares ont été identifiées correspondant aux critères de l’UICN :

  • 12 espèces vulnérables ( VU)
  • 10  espèces en danger ( EN)
  • 7 espèces en danger critique ( CR)
  • 36 espèces  non évaluées (NE) inscrites sur la liste des espèces protégées de la PS

Pour les oiseaux, sur le Plateau de Goro, 34 espèces ont été recensées dont 11 endémiques ( 37,5 %) et 2 espèces protégées par la PS : l’autour à ventre blanc et la perruche à front rouge.
Pour les fourmis, dans l’aire d’influence du projet on a trouvé 66 espèces de fourmis dont 2/3 sont endémiques.
 On a dénombré 92 espèces de lézards (geckos et scinques), dans le Grand Sud, dont la plupart sont endémiques.
 Les insectes y sont endémiques à plus de 75%
Et la plupart des espèces de poissons d’eau douce y ont un statut d’espèces menacées selon les critères de l’UICN.
Le lagon est fréquenté par 7 espèces de baleines dont la baleine à bosse…
Les données sont toutefois dispersées dans l’ensemble du document,  de sorte qu’il est difficile de se faire une idée précise des différentes espèces concernées et encore moins des plans de conservation qui leur correspondent. Cette confusion  (volontairement entretenue?) est notamment due au changement  d’échelle de référence, qui peut être parfois la Nouvelle Calédonie dans son ensemble, le Grand sud, la zone potentielle d’influence du projet, les limites du complexe industriel qui comprend l’usine, les mines et l’ensemble des infrastructures ou le périmètre restreint de l’exploitation minière.
Sur le flou entretenu autour de l’inventaire des espèces et les plans de conservation qui y sont associés, le cas des reptiles est tout à fait instructif :
Le Résumé Non Technique fait état de 92 espèces de lézards recensées dans le Grand Sud sur les 115 espèces identifiées en Nouvelle Calédonie. On y apprend aussi que « Pratiquement toutes les espèces de scincidés et de geckos réparties sur tous les sites de forêt fermée ont également été observées dans la Forêt Nord et 3 espèces de geckos, Bavayia geitaua, Bavayia robusta et le Rhacodactylus leachianus n’ont été observées que sur ces sites
•    Dans l’Etat initial, on mentionne dans la zone d’influence du projet la présence de 18 espèces de reptiles (10 scinques, 8 geckos). 11 sont endémiques du sud de la Grande Terre.  8 sont classées par l’UICN, espèces rares et menacées. Parmi ces 8 se trouve un gecko endémique régional, B septuiciavis, limité à l’extrême sud de l’île.
•    Dans le livret C – Etude d’impact sur l’environnement – Volet B ( p.237), les chiffres ci-dessus sont confirmés. Mais on mentionne aussi la présence d’un scincidé, Lacertoides pardalis (le scinque léopard) observé dans 4 sites, inféodé aux crêtes de péridotites du Grand Sud au Col de l’Antenne et à la Rivière Bleue, dont on envisage la translocation vers le Parc forestier.  On signale aussi la présence  d’un gecko micro endémique Bavayia goroensis qui n’a été observé que sur 2 sites à proximité du projet de VNC….
L’outil « Element Important de l’Environnement » utilisé pour l’étude, ne manque,  à priori pas d’intérêt, puisqu’il permet de sélectionner dans la longue liste des espèces endémiques rares et/ou menacées,  quelques espèces emblématiques dans chaque catégorie, comme par exemple pour la flore le Néocallitropsis pancherii et l’Araucaria muellieri et pour les lézards, le scinque léopard…. Il s’agit cependant d’une grille de lecture très restrictive qui induit la question : que fait-on des autres ?     
Pour ce qui est des poissons d’eau douce,  dans la Kwé Est,  la Kwé Nord, et même la rivière principale de la Kwé, sur environ 8,2 km,  les communautés de poissons d’eau douce vont disparaître ou être considérablement modifiées. La seule mesure proposée consiste à préserver les autres cours d’eau du Grand Sud….

Les principes théoriques de la protection de la biodiversité sont énoncés dans le cadre du Système de Management Environnemental ( SME) : Eviter, réduire, restaurer, compenser. Le plan opérationnel de conservation de la diversité biologique et génétique énonce un certain nombre de généralités abstraites, par exemple « la participation de VNC aux programmes d’amélioration des connaissances, en concertation avec la DENV, des opérations de collectes de matériel végétal, la « mise en œuvre du programme de conservation….». Des explications  sont fournies sur les études et le suivi qu’il convient de mettre en place et des mesures qui sont préconisées. Elles ne s’appuient toutefois pas sur des cas concrets. Il est bien question de suivi (ce mot est utilisé de très nombreuses fois), sans toutefois que soient précisées concrètement les modalités d’actions que recouvre ce concept.
Nous regrettons de ne  pas trouver,  pour  chacune des espèces endémiques rares et menacées,  un plan de conservation et de suivi approprié précisément défini.
Alors que l’étude porte au moins partiellement sur une régularisation de travaux qui ont commencé depuis plusieurs années, les mesures de conservation sont souvent exprimées au futur. Il est donc difficile de se rendre compte de ce qui a déjà été effectué, avec quels résultats et ce qui est envisagé pour les années à venir.

Le Grand Sud n’a pas vocation à être transformé en un gigantesque « parc » à déchets industriels
Dès l’origine du projet, nous avions pris conscience de la quantité phénoménale de déchets que cette usine allait produire et que la gestion des déchets allait être une problématique majeure. C’est d’ailleurs l’une des raisons qui nous poussaient à considérer  qu’un tel complexe n’est pas compatible avec l’environnement dans lequel il se trouve implanté.
Le projet nécessite en effet, selon l’étude,  le déplacement de 17 millions de tonnes humides par an dès 2016, dont 9 millions de stériles soit 425 millions de tonnes remuées en 25 ans pour 1 294 000 tonnes de nickel, soit un rendement extrêmement faible de 0,32%. Des chiffres qui ne font que confirmer nos craintes initiales. Des chiffres d’autant plus inquiétants que la tonne de nickel se vend actuellement à 8000 dollars l tonne et qu’elle revient à 19 000 dollars pour VNC.
La problématique des déchets est assez difficile à appréhender dans la mesure où ce terme recouvre des réalités très différentes.
•    Stériles de mines
•    Boues issues de l’usine
•    Résidus des bassins de décantation etc.
Selon leur provenance, ils peuvent être liquides ou rocheux…Ils ne peuvent donc pas subir le même traitement. Ils peuvent aussi contenir de l’amiante, ce qui rend la gestion encore plus difficile…L’étude manque de clarté sur ce point pour qu’un non initié puisse y voir clair.  
Une partie des résidus est stockée dans le bassin de la Kwé, le surnageant est envoyé dans le lagon et les cendres de Prony Energie, qui alimente l’usine,  sont envoyées à l’ISD de Païta… Aujourd’hui,  les infrastructures de stockage semblent arriver à saturation et il faut trouver rapidement de nouvelles solutions pour répondre aux besoins. A cette fin l’industriel envisage  de procéder au séchage des boues, pour gagner de la place,  par la mise en œuvre d’un procédé encore expérimental, qui va probablement entraîner une grosse consommation d’énergie fossile, avec un rejet important de CO2, ce qui va de toute évidence à l’encontre des recommandations et des engagements pris récemment par les partenaires de la COP21. Il envisage aussi pour « produire des résidus plus stables et inertes » d’utiliser des « liants et additifs » dont il ne révèle pas la composition. S’agit-il encore de produits chimiques susceptibles de polluer un peu plus les aires de stockage et les réseaux d’eau de surface ou souterrains ?
 Il est prévu à l’horizon 2036 la réalisation de 200 bassins de décantation pour 1 799 000 m3 de résidus, autant de plaies ouvertes qui dénatureront le paysage et qui resteront longtemps impropres à un quelconque autre usage. Des installations industrielles sensibles qu’il conviendra de surveiller et d’entretenir pendant plusieurs dizaines d’années, bien au-delà des 25 années réglementaires. Qui aura alors la charge financière  d’en assurer le gardiennage ?  
Vale NC envisage en outre  l’ouverture de bassins dont l’un pourrait « légèrement  empiéter  dans la réserve provinciale du Grand Kaori ». Nous estimons qu’il appartient à l’industriel de gérer ses déchets strictement dans le cadre et les limites qui lui ont été concédés, sans porter d’aucune façon atteinte au domaine public ou aux biens communs. Il est suffisamment désolant de constater que le bassin de la KO4  nécessite un défrichement de 383 ha de maquis et de forêts.
A propos de bassin, il aurait été intéressant  de s’interroger sur les conséquences potentielles d’une rupture de barrage par exemple du bassin de résidus de la Kwé ouest. L’étude n’évoque nulle part cette hypothèse, alors que l’actualité d’une rupture de barrage au Brésil devrait pourtant nous inciter à s’en préoccuper.
Outre la gestion des résidus, l’industriel est confronté à une autre difficulté, celle de trouver dans un environnement proche, suffisamment de matériaux rocheux pour l’édification des divers ouvrages et infrastructures, ce qui nécessite l’ouverture de carrières et donc aussi la destruction du couvert végétal, une gestion appropriée des eaux de ruissellement et des eaux souterraines et la mise en œuvre de mesures de sécurité drastiques en raison de présence d’amiante dans un certain nombre de sites.


La norme ISO 14 001


Nous apprenons avec satisfaction que l’industriel se base pour son système de management environnemental sur la norme ISO 14001, qui se caractérise principalement par le respect de la réglementation, l’engagement d’un progrès continu et l’engagement de la prévention de la pollution. L’application de cette norme fait-elle l’objet d’une validation et d’un suivi par un organisme certificateur agrée indépendant ?
Pour ce qui est des retombées économiques, nous espérons que les populations de Yaté ne se retrouvent pas, dans quelques dizaines d’années après l’exploitation du Plateau de Goro, dans la situation de celles de Thio aujourd’hui,  après une centaine d’années d’exploitation de la mine du Plateau et des dégâts environnementaux et sociaux irréparables. Avec la baisse des cours du nickel et un avenir économique incertain, il serait temps d’explorer d’autres pistes que celle du nickel,  par exemple l’élevage de picots, le tourisme vert, l’artisanat, l’agro foresterie, la production de miel ou d’autres activités à forte plus-value, pour assurer aux populations calédoniennes des conditions et une qualité de vie durables…. Il se pourrait même que le « Diamant de Goro »  prenne de la valeur du seul fait qu’on se contente de ne pas y toucher.
Action Biosphère - CodefSud

 

Commentaires

Eric - lun 08/05/2017 - 10:41

Une société qui survit en créant des besoins artificiels pour produire efficacement des biens de consommation inutiles ne paraît pas susceptible de répondre à long terme aux défis posés par la dégradation de notre environnement. 

Pierre Joliot-Curie
Biologiste, Scientifique (1932 - )